Eric Dargent : "La compétition est un tremplin pour faire évoluer l’accessibilité"

En décembre dernier, Eric Dargent est devenu vice-champion du monde de handisurf. Il est revenu avec nous sur cet incroyable moment : « Nous étions une équipe composée de 5 handi-athlètes, un kiné, deux coachs. Tout était mis en place pour me permettre d'être le plus performant possible. Je me suis senti bien dès le départ, tous les réglages de ma prothèse Easy Ride  étaient prêts. J'ai tout de suite vu que, par rapport à mon niveau, l'entraînement que j'avais et ma motivation, je pouvais être capable de faire quelque chose dans cette compétition donc je me suis donné à fond ».

Même s'il est déjà champion de France de handisurf, cette seconde place n'était pas gagnée d'avance pour Eric Dargent : « C'est une belle surprise, j'espérais déjà arriver en finale. C'était vraiment mon objectif principal, d'être dans les 4 premiers, d'arriver à cette finale et voilà, c'est chose faite. Au départ j'avais un peu la pression, je sentais que j'étais tendu dans l'eau. J'ai participé aux premières sessions puis au fil du temps, j'ai réussi à surfer en prenant du plaisir j'ai terminé la finale avec l'esprit complètement libre et en pensant juste à surfer le mieux possible. C'est ce que j'ai fait et cela m'a permis d'arriver 2ème  ».



Au-delà de ce formidable résultat, Eric Dargent se réjouit aussi du déroulement de ces championnats : « L'ambiance était très bonne, l'équipe était soudée. On  a pu apprécier toute l'organisation de cet événement parce qu'il y a énormément de médias, de marques de surfs qui viennent et participent à cet événement, énormément de gens sur place qui servent les repas, les podiums, les commentaires, les juges, la sécurité à l'eau... C'est un événement qui a une grosse ampleur et ça fait plaisir d'avoir cette reconnaissance-là, de sentir qu'on nous prend au sérieux, qu'il y a un réel enjeu aussi dans ces compétitions. Chacun essaie de pousser au plus loin son niveau de surf et de s'améliorer. Ce sont des moments magiques. Avant cette compétition, qui n'existe que depuis deux ans, je rêvais vraiment que le handicap s'inscrive dans l'histoire du surf et avec ce championnat, quelque chose se met en place, créé un engouement, attire l'attention d'autres surfeurs, d'autres personnes  qui regardent, qui sont admiratifs, étonnés, surpris du niveau des participants, de ce qu'ils peuvent réaliser malgré le handicap donc c'est très bien. Je pense que la compétition est un énorme tremplin pour faire évoluer l'accessibilité ».

Pour ces championnats, Eric était bien sûr équipé du genou Easy Ride. « Pour PROTEOR, c'est clair que c'est aussi un indice de performance : on voit aussi que cette prothèse fonctionne et qu'on arrive à faire des places avec. Malgré tout, même si je suis 2ème, je reste premier debout sur cette catégorie parce que celui qui est devant moi est à genou et n'a pas de prothèse. Donc ce n'est pas rien. Et toutes les personnes qui m'ont vu passer avec cette prothèse m'ont demandé comment ça fonctionnait et comment j'arrivais à surfer. Ils voient que c'est incroyable et que c'est maintenant possible, pour un amputé fémoral, de surfer ».



Aujourd'hui, il utilise cette prothèse dans « tous les sports, que ce soit en VTT, en snowboard, en skate, ou même en pala, une sorte de pelote basque. L'Easy Ride est une prothèse très souple et hyper agréable à porter. Les réglages sont rapidement accessibles même s'il faut du temps, forcément, pour trouver les réglages parfaits et être le plus performant possible. Mais c'est un peu comme un valide qui apprend à surfer, il lui faut du temps aussi. Et il y a le plaisir de pouvoir progresser à chaque fois ».

La pratique du sport occupe bien entendu une place très importante dans la vie d'Eric Dargent : « C'est ce qui me fait du bien aujourd'hui, que ce soit pour gérer les douleurs fantôme ou mon équilibre mental et même social ». Il est donc très attaché à cette idée que le sport puisse aider à aller mieux et souhaite la partager avec le plus grand nombre : « J'essaye de diffuser cette notion de sport qui fait du bien et qui aide à oublier son handicap, ce fait de lâcher prise sur les douleurs et les difficultés de la vie dues au handicap. La ‘sport therapy', la ‘surf therapy', c'est quelque chose de reconnu, qui est réel. Après on n'a pas tous le besoin forcément d'aller surfer, sinon ça ferait du monde à l'eau, ce serait compliqué (sourire ndlr) mais le sport de manière générale est reconnu comme quelque chose d'utile et de bénéfique pour l'humain, pour les personnes. Cette accessibilité reste à promouvoir car elle a une importance capitale pour les personnes amputées fémorales notamment et qui continuent à avoir des difficultés pour avoir accès à ces prothèses qui ne sont pas encore remboursées, qui restent chères de manière générale. Avec PROTEOR et l'Easy Ride, on a réussi à faire quelque chose de qualités, moins cher et plus accessible. Et aujourd'hui ça continue d'être un combat de mon association ».

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