Eric Dargent : la passion du surf plus forte que le handicap - Partie 2/3

Après son accident sur l'Ile de la Réunion, Eric Dargent n'a qu'une idée en tête: surfer de nouveau. De retour sur les bords de la Méditerrannée, le sportif démarre un long travail de rééducation et apprend à vivre avec une prothèse.


L'hospitalisation sur l'île dure 3 semaines. Nécrosé, son genou devra être amputé. Eric passe par tous les états : fatigue extrême, soulagement d'être en vie, abattement, et puis ressent finalement une grosse bouffée d'énergie qui lui donne envie d'avancer. « J'ai toujours foncé, toujours essayé de prendre le meilleur côté des choses, explique Eric. Cela m'a beaucoup aidé après l'accident. L'envie de vivre pour ma famille et le besoin de retourner à l'eau l'ont emporté ».

Le retour en métropole est difficile. Malgré la prise en charge psychologique, il faut surmonter le traumatisme de l'accident et recommencer à vivre sans sa jambe. Avec des béquilles d'abord, puis avec une prothèse de marche classique. De longues semaines de rééducation sont nécessaires à Eric pour réapprendre à marcher... et à supporter son appareillage. Les douleurs au niveau de l'emboîture sont terribles, l'équilibre toujours précaire, les chutes fréquentes.

« Je ferai tout pour que tu repartes à l'eau »

Par chance, Eric trouve un centre de rééducation au bord de l'eau. De quoi lui donner envie de mettre les bouchées doubles pour retourner surfer dès que possible. Nettement moins optimistes, les médecins tentent de l'orienter vers d'autres sports, comme le basket en fauteuil. Hors de question pour Eric. Sa passion de la glisse est trop forte.

Eric Dargent goûte à nouveau aux vagues
Eric Dargent goûte à nouveau aux vagues
C'est pendant cette période qu'il rencontre Bertrand Tourret Couderc, orthoprothésiste réputé à Marseille. Très tourné vers le sport, il est moins catégorique que ses confrères. C'est un amoureux de la mer, quelqu'un qui connaît le surf et qui sait combien cette passion peut être forte. Il lui laisse la porte ouverte. « Je ferai tout pour que tu repartes à l'eau », promet-il à Eric.

Sa prothèse de vie ne permet pas à Eric d'évoluer dans l'eau. « Bertrand m'a prêté une prothèse normale pour la tester en mer », se rappelle Eric. Un ami lui fabrique alors une planche adaptée, plus large et plus épaisse. Moins de 6 mois après son accident, à l'été 2011, il surfe à nouveau. La sensation de s'immerger dans l'eau est magique mais les débuts sont compliqués. Peu à peu, le Martégal parvient à trouver de l'équilibre, à bien placer sa jambe et à réaliser quelques mouvements. Il bricole alors le genou et y installe un système de flexion avec des sandows de fusil-harpon.

Ce genou artisanal lui permet de prendre du plaisir, mais Eric est encore loin de la prothèse dont il rêve. C'est que le surf exige des mouvements et des positions très spécifiques.

Eric Dargent en Eric démarre à plat ventre, les bras de part et d'autre de la planche pour ramer et bien se positionner pour capter la vague. Quand il sent la vague le soulever, il pousse sur ses bras pour faire passer sa jambe gauche devant lui avec un angle de flexion de 110°. Sa jambe valide est placée derrière. Cette position dite du « chevalier servant » (ou « drop knee ») lui permet d'acquérir une bonne stabilité.

Eric doit ensuite se redresser (phase de « take off ») pour passer en position debout. Il a alors besoin de relâcher la flexion de ses jambes tout en maintenant une certaine dureté. Les jambes jouent le rôle d'amortisseurs et la cheville s'incline en coordination avec le genou. Avec l'aide des bras, qui servent à maintenir l'équilibre, Eric peut ainsi réaliser des manœuvres de prise de vitesse, de remontée et de descente dans la vague.


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